Attirer de nouveaux candidats

L'emploi dans le secteur médico-social

Le recrutement s'avère être un enjeu majeur pour toute structure, il l'est davantage dans le secteur médico-social. Afin d'objectiver ce constat, plusieurs enquêtes ont été menés, notamment par la Fédération hospitalière de France, au sein du réseau Uniopss-Uriops, et par l'Insee. Ces enquêtes ont été mené à la suite des nombreuses alertes des établissements et services concernant leurs difficultés de recrutement. Plus de 450 établissements et services ont alors répondu à ces enquêtes.

Un enjeu protéiforme du recrutement dans le secteur médico-social

Selon les travaux de prospective des métiers et qualification à l'horizon 2022, le nombre d'emplois dans les métiers du secteur médico-social devrait continuer de progresser à un rythme plus soutenu que celui de l'ensemble des métiers. De fortes évolutions sont à constater, l'effectif salarié dans le domaine de l'accueil de jeunes enfants a plus que doublé en 10 ans (+133,6 %), il a également fortement augmenté dans les domaines des personnes âgées (+41 %) et des aides à domicile (+30,5 %). Le besoin de professionnels dans ce secteur ne cesse de se renforcer au fil des années.

Cependant, plus de 97 % des établissements estiment rencontrer des difficultés de recrutement. En effet, ces difficultés reviendraient de manière chronique, toutefois 41 % des répondants précisent rencontrer des pics pendant l'été et vacances scolaires, 21% insistent sur l'accélération des difficultés chaque année.

Différentes contrariétés sont rencontrées par les employeurs dans le secteur médico-social, en effet, les profils en termes de spécialités de formation sont très variés, de ce fait les employeurs se heurtent à des difficultés de recrutement supérieur à la moyenne des métiers.

Une situation plus problématique dans les bassins d’emploi ruraux

De surcroît, les secteurs d'habitation ne sont pas affectés par ces difficultés de manière égalitaire, bien que le milieu urbain reste touché, la situation est plus problématique dans les bassins d'emplois ruraux. Ce phénomène s'explique notamment par une moindre accessibilité des établissements ruraux, s'accentuant d'autant plus par la perte d'attractivité globale de certains territoires, ainsi qu'une moindre présence d’institut de formation paramédical à proximité.

Quels motifs aux difficultés de recrutement ?

S'il en ressort différentes causes liées à ces difficultés de recrutements, pour les métiers d'aide-soignant, accompagnant éducatif et social, infirmier, agent de santé hospitalier, aide à domicile, c’est notamment la pénurie de candidature et de profil adéquat, avec plus de postes que de candidats.

Ce contraste se ressent alors, au sein de nombreux établissements et service qui souffrent d'un déficit d'attractivité auprès des professionnels malgré des besoins conséquents. Cette préoccupation s'inscrit alors dans un contexte de poste vacant, c'est le cas notamment des ITEP, établissement accueillant des personnes très lourdement handicapés, mais davantage au sein des Ehpad.

Ces difficultés de recrutements peuvent concerner de nombreux métiers, à titre d'exemple s'agissant du métier d'aide-soignant, 13 % de poste reste vacant en Ephad, contre 2 % à l’hôpital. Si au sein des établissements des disparités existent entre les services, le secteur du grand âge demeure le plus marqué. En effet, outre la problématique d'attractivité dans le champ du grand âge et d'une moindre popularité auprès des jeunes professionnels se fait l'écho de problématique en recomposition (regroupement d'Ehpad) et en développement (vieillissement de la population).

S'ajoutent à cela des difficultés spécifiques à certaines zones géographiques, en effet certains salariés qualifiés font aussi le choix de travailler à l'étranger notamment en Allemagne, Luxembourg, Suisse. Afin d'accéder à un marché du travail plus rémunérateur, touchant alors particulièrement la région Grand Est.

Ce phénomène se renforce par l'observation de la hausse des départs des professionnels notamment pour un exercice libéral, ce choix est motivé par une flexibilité organisationnelle, une demande croissante ainsi qu'un niveau de rémunération plus élevé.

Des leviers controversés mobilisés pour pallier temporairement ces difficultés de recrutement

Il est relevé que pendant les périodes de pic notamment période estivale, le manque de personnel se fait d'autant plus ressentir, en effet si les consignes peuvent être respectées, ce n'est qu'au détriment des conditions de travail des professionnels. Les difficultés de recrutement emportent d'assez lourdes conséquences au niveau interne, qui requiert l'intervention de différents leviers pour pallier cette difficulté mais souvent dans des conditions rudes. En effet, il s'avère impératif de consacrer du temps à une réorganisation interne notamment des horaires de travail et heures supplémentaires, demande de renfort exceptionnel auprès des étudiants, bénévoles, intérimaire à la suite d’une surcharge de travail pour le personnel présent, rappel de personnels en congé.

Il est également courant dans ce cas, de recourir aux « faisant fonction », qui désigne un professionnel réalisant une tâche pour laquelle il n'est pas diplômé, c'est le cas à titre d'exemple d'un agent de service hospitalier qui réalise les fonctions d'un aide-soignant. Le recours à ce type de profil concerne 68 % des postes d'aides-soignants. Par ailleurs dans une situation aussi précaire, 81,4 % des répondants estiment que les partenaires institutionnels (ARS, CD, POLE EMPLOI, etc.) n’ont pas suffisamment soutenu durant cette période.

Des conséquences alarmantes à différents niveaux

Cette situation emporte également des conséquences considérables sur l'accompagnement des patients. En effet 88,7 % font état d'une diminution de qualité de l'accompagnement, qui se traduit par une diminution du temps de présence, épuisement, usure, stress, allègement des soins, baisse de la qualité des soins

Les résultats de ces enquêtes confirment les difficultés de recrutement ressenties à différents niveaux et devenant de plus en plus fréquent au sein des établissements. Il est ainsi révélé l'attention accrue des établissements à cette attractivité qui se traduit notamment par des stratégies en ressources humaines innovantes, et qui s'accompagnent de conduite du changement du secteur médico-social. À savoir le recours à des services de professionnels externe afin que l'attention soit portée sur l’accueil, le recrutement mais également l'accompagnement et la fidélisation des professionnels.

Quelle est la situation dans la région Grand-Est ?

Selon une étude de l'INSEE, les besoins en aides à domicile et agents de service hospitaliers à l’horizon 2030 seront croissant, et nécessiteraient la création de 2 000 emplois supplémentaires chaque année jusqu’en 2030 dans les professions sanitaires.